1. Un étranger peut-il acheter un bien immobilier en Floride ?
Oui, en règle générale, et sans être citoyen américain ni résident des États-Unis. Depuis au moins 15 ans d'affilée, la Floride arrive au premier rang des États américains pour les achats internationaux. Elle concentre à elle seule 20 % de l'activité des acheteurs internationaux à l'échelle du pays. Ces acheteurs viennent du monde entier et se retrouvent dans toutes les gammes de prix comme dans toutes les régions de l'État. Pour devenir propriétaire, aucun visa n'est exigé, et pas davantage de carte verte. Une restriction légale importante s'applique toutefois. En vigueur depuis le 1er juillet 2023, la loi SB 264, issue du projet de loi 264 adopté par le Sénat de Floride, restreint les achats immobiliers des personnes domiciliées dans sept pays dits « préoccupants » : la Chine, Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, la Russie, la Syrie et le Venezuela (régime Maduro). Le détail des restrictions suit. Sont visées les personnes domiciliées dans ces sept pays sans citoyenneté américaine ni résidence permanente. Pour elles, l'achat de terres agricoles est exclu. Tout bien situé dans un rayon de 10 milles autour des bases militaires et des infrastructures critiques leur est également interdit, qu'il s'agisse notamment d'un aéroport, d'un port maritime, d'une centrale électrique ou d'une usine de traitement des eaux. Elles peuvent elles aussi profiter de l'exception très limitée d'une résidence unique, décrite plus bas. C'est la Chine qui subit les règles les plus dures. Une personne dont le domicile est en Chine et qui n'est ni citoyenne des États-Unis ni titulaire de la résidence permanente ne peut acheter aucun bien immobilier en Floride, sauf exception très étroite. Avec un visa américain valide et vérifié autre qu'un simple visa de tourisme, ou après avoir obtenu l'asile, et si elle est autorisée à séjourner en Floride, elle peut acquérir à son propre nom une seule résidence de deux acres au plus, située à plus de cinq milles de quelque base militaire que ce soit. Dans les 30 jours, le bien doit être déclaré au Department of Commerce de Floride : le retard coûte 1 000 $ par jour et peut mener à l'inscription d'un privilège sur le bien. Quant aux personnes domiciliées en Russie ou dans l'un des autres pays visés, l'achat d'un bien résidentiel ou commercial qui n'est pas une terre agricole reste possible, à condition qu'il se trouve au-delà de 10 milles de toute installation militaire et de toute infrastructure critique. Or, dans le sud de la Floride, de nombreuses adresses se trouvent dans ces zones, d'où la nécessité de vérifier la parcelle exacte. Lors de la signature de l'acte de vente, chaque acheteur, quelle que soit sa nationalité, atteste sous serment qu'il respecte la SB 264. Toute infraction expose à la confiscation civile du bien ainsi qu'à des sanctions pénales. Un point juridique important : la demande de suspension de la SB 264 a été rejetée le 4 novembre 2025 par la Cour d'appel du 11e circuit, puis les plaignants se sont désistés de leur recours ; en septembre 2026, le texte est pleinement appliqué. La loi limite la propriété immobilière et l'investissement en Floride pour les personnes domiciliées en Chine avant tout et, de façon moins stricte, pour celles domiciliées en Russie, en Iran, à Cuba, en Corée du Nord, au Venezuela et en Syrie. Sans citoyenneté américaine ni résidence permanente, une personne domiciliée en Chine ne pourra en général rien acheter en Floride. Pour les six autres pays, terres agricoles et biens situés en zone restreinte restent hors d'atteinte. Votre domicile se trouve dans un des sept pays visés et vous n'avez ni nationalité américaine ni résidence permanente ? Avant tout achat, prenez conseil auprès d'un avocat compétent en droit immobilier. Pour tous les autres acheteurs étrangers, c'est simple : on choisit un bien, on dépose une offre, puis on finalise la transaction. Payé comptant, l'achat se conclut en général en 15 à 30 jours ; en cas de prêt hypothécaire, comptez plutôt 45 à 60 jours.
